Le Mariage

 

Kwé

 

Le Mariage

 

" Un homme pouvait épouser autant de femmes qu’il le souhaitait, à la seule con-

dition qu’il pût les nourrir. Certaines d’entre elles valaient peu de prix alors que

d’autres étaient très chères " .

 

Un homme pouvait donc épouser jusqu’à six femmes, bien que la chose fut plutôt

inhabituelle; en effet, nourrir autant d’épouses, les abriter dans deux tipis, voire plus,

était une responsabilité assez pesante économiquement pour décourager les plus

hardis. Les hommes désireux de ce genre d’union se contentaient en général de

deux épouses, et choisissaient fréquemment de se marier à l’une des soeurs

cadettes de leur première épouse.

 

La polygamie n’était en aucun cas synonyme de discrétit social pour les femmes ni

de diminution de leurs droits. Dans bien des cas, elle était suggérée par la première

épouse qui, en invitant son mari à prendre une plus jeune femme, cherchait à se dé-

barrasser de certains fardeaux domestiques, tout en gagnant dans l’affaire le statut

avantageux de première épouse d’un homme prospère. Car il était de notorité pub-

lique que seuls les riches pouvaient se permettre d’entretenir plus d’une épouse.

Le sororat, institution par laquelle un homme peut épouser deux soeurs, avait l’av-

antage de rassembler au sein d’une même famille conjugale des jeunes femmes

liées par le sang et par une amitié de longue date. Bien plus, elle renforçait les liens

de la famille. Dans ce cas-là, l’influence de la branche féminine surpassait, ô com-

bien, celle de l’époux et, quand la résidence était située sur le territoire de la famille

de la femme, la cohésionde la bande des femmes était démultipliée.

Un mariage organisé de cette façon et conjugué au pluriel signifiait pour la famille 

l’apport d’un homme responsable et vigoureux, exactement ce que l’on peut attendre

d’un beau-frère.

 

Bien qu’elle ne fût pas obligatoire, on espérait bien que la polygamie serait dans une

circonstance au moins. A la mort  de son frère, un homme était invité à épouser sa

veuve. Dans ce cas-là lorsque le frère survivant était déjà marié et que le défunt vivait

une situation de polygamie laissant plus d’une seule veuve, le mariage avec plusi-

eurs femmes devenait inévitable. Ce serait déraison de penser que tous les hommes

sautaient sur l’occasion d’épouser la veuve de leur frère. Il est plus probable  que

 certains d’entre eux redoutaient plutôt l’idée de survivre à celui-ci.

 

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