La Nature 2

Kwé


La Nature 2


L'homme et la nature appartiennent au même cercle des transformations et des recommencements. L'un est

le reflet de l'autre. Qu'il soit animal, végétal, ou minéral, il s'agit du même monde, du même corps vivant,

infini, éternel.


Apprends à goûter l'instant de beauté des choses, le vol d'un oiseau, les bruissements du vent, le chant des

sources, la pénombre mystérieuse d'un sous-bois...Deviens comme l'enfant qui s'étonne de tout et le temps

s'arrêtera; et tu feras l'expérience du monde à travers ton propre corps.


Tout passe, les heures, les nuages dans le ciel, la vie des hommes, emportés de la naissance vers la mort. Ne

t'attache pas à la chronologie affective des choses. C'est une très mauvaise manière de voir le monde. Fais

de chaque seconde une expérience enrichissante, sans t'inquiéter du temps qui fuit et des matins qui ne

reviennent plus. Le présent est la seule chose qui n'ait pas de fin.


Celui qui ne respecte pas l'oiseau, la montagne ni l'eau des rivières, qui blesse la terre et empoisonne l'air qu'il

respire, celui-là méprise la vie merveilleuse. Il ne sait plus voir la beauté simple des choses, qui accompagne

chaque geste de la vie et protège l'homme depuis son enfance, comme un oiseau aux ailes d'or.


N'aie pas peur des contraires, des oppositions, qui divisent le monde et créent l'illusion d'événements séparés.

Cette vision est source de conflit, de souffrance et de lutte perpétuelle. La nuit n'est pas l'ennemie du jour,

pas plus que la mort n'est l'ennemie de la vie. Il faut la rencontre du feu et de l'eau, du soleil et de l'humidité

pour créer un arc-en-ciel.


Chaque arbre est un objet de respect.


Interroge le grand silence d'une forêt, pleine de vies mystérieuses. Quel est ce silence ? Il te répondra :

" C'est le Grand Mystère ! Le silence sacré est sa voix, depuis l'aube du monde. " Si tu lui demandes :

" Quels sont les fruits du silence ? " , il dira : " La maîtrise de soi, le vrai courage ou la persévérance,

la patience, la dignité et le respect. " Apprends à interroger le silence. Il est la terre intérieure,

l'espace sacré où s'enracine ton esprit.


Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hivers. C'est la

petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.


Prière au Grand Esprit : " Je viens vers toi comme l'un  de tes nombreux enfants; je suis faible...je suis petit...

j'ai besoin de ta sagesse et de ta force. Laisse-moi marcher dans la beauté, et fais que mes yeux aperçoivent

toujours les rouges et pourpres couchers de soleil. "


Genèse : au début des temps, il n'y avait pas de différence entre les hommes et les animaux. Toutes les

créatures vivaient sur terre. Un homme pouvait se transformer en animal s'il le désirait et un animal pouvait

devenir un être humain. Il n'y avait aucune différence. Les créatures étaient parfois des animaux et parfois

des hommes. Tout le monde parlait une même langue. En ce temps-là, les mots étaient magie et l'esprit

possédait des pouvoirs mystérieux. Un mot prononcé au hasard pouvait entraîner d'étranges conséquences.

Il devenait brusquement vivant et les désirs se réalisaient.


Les drames humains et les catastrophes écologiques ont la même cause : l'homme s'est éloigné du coeur de

la nature, qui est aussi son propre coeur. En oubliant la vie sensible du monde, il a fini par s'oublier lui-même.

Les Cheyennes des plaines savaient que la perte du respect dû à toutes les formes vivantes, humaines,

animales et végétales, amène également à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes

gens sous la douce influence de la nature.


Remercie en chantant et en dansant, comme font les soleils et les étoiles dans le ciel.


Tu veux vaincre ta peur de la mort, alors regarde autour de toi. La nature ne connaît pas le froid de la mort,

l'immortalité, l'arrêt de la vie. Au printemps, elle exprime la jeunesse, la passion de vivre, la générosité. En

hivers, elle rêve, repliée sur elle-même, renouvelle ses forces et prépare le retour du printemps. Considère

la mort comme un sommeil réparateur.


Marche en forêt et respire profondément, l'esprit libre. Imagine les senteurs et les parfums que tu respires

sous la forme d'un fluide d'or pur, qui illumine et rend le corps léger.


Tu es semblable à l'arbre planté en terre dont le feuillage touche le ciel. Cette image est celle de l'équilibre

parfait, qui réunit ciel et terre dans un même corps. Cette perception de soi attire une multitude de pensées

heureuses qui se poseront sur tes branches, comme les oiseaux.


Protège la vie - toutes les formes de vie - comme on soigne un arbre qui vient d'être planté, l'abritant du

soleil et des orages. En prendre soin, c'est l'aimer.


Jadis, la forêt immense recouvrait tout, comme un unique esprit. Vint le temps où les hommes divisèrent

l'esprit, le dépecèrent comme un animal de chasse, brisant l'harmonie de la nature. C'est ainsi qu'ils firent

entrer la douleur dans le monde.


Ne considère pas seulement la nature comme un cadre dans lequel tu peux t'épanouir, guérir les maladies de

l'âme et celles du corps. La nature n'est pas extérieur à ton esprit, il ne s'agit pas d'un monde différent,

éloigné, difficile à comprendre. Malgré le jeu des apparences, vous n'avez qu'un seul esprit.


Les arbres de nos villes sont des êtres séparés, qu'on taille et qu'on arrange à notre convenance, comme s'ils

étaient nos sujets, nos objets, nos animaux domestiques. Quand tu regardes un arbre, perdu, oublié sur une

place ou au bord d'une avenue, demande pardon pour le mal qu'on lui a fait.


Observe la position que prend le chat pour dormir. C'est la forme parfaite du bonheur. Il se replie sur lui-même,

se nourrit de ses propres fluides. Dans cette attitude d'enfance retrouvée, il se renouvelle, se régénère.


Quand tu caresses un animal, tu reçois son esprit et lui communiques le tien. L'amour permet ce mystérieux

contact des âmes.


Lorsque l'on descend très loin à l'intérieur de soi-même, on débouche inévitablement sur l'immensité du monde.

On peut facilement prendre la place d'un arbre, d'une montagne, d'un feuillage qui respire, devenir le vol de

l'oiseau ou le parfum d'une fleur. Tu as en toi le pouvoir d'éprouver les possibilités inouïes de la nature, par

l'expérience intérieure qui nous ramène au centre de toutes choses.


La nature tout entière est contenue dans l'esprit d'un seul homme. Attiré par le reflet des apparences, il

regarde du mauvais côté. Apprends à tourner tes yeux à l'intérieur.


Bad Feet Walking


Loup Blanc



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